Frise chronologique
1537
Début de la construction
Début de la construction
1537 (≈ 1537)
Commande de Jean de Bagis à Nicolas Bachelier.
1611
Achèvement partiel de la façade
Achèvement partiel de la façade
1611 (≈ 1611)
Sculptures inachevées à la mort de Clary.
1609-1616
Transformation par François de Clary
Transformation par François de Clary
1609-1616 (≈ 1613)
Façade en pierre et modifications intérieures.
1855
Achèvement des sculptures
Achèvement des sculptures
1855 (≈ 1855)
Travaux dirigés par Urbain Vitry.
1889
Classement monument historique
Classement monument historique
1889 (≈ 1889)
Protection officielle de l’État.
1998-1999
Nettoyage de la façade
Nettoyage de la façade
1998-1999 (≈ 1999)
Restauration controversée de la pierre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'hôtel : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Jean de Bagis - Conseiller au Parlement, commanditaire |
Fait construire l’hôtel en 1537. |
| Nicolas Bachelier - Architecte Renaissance |
Conçoit la cour et la porte aux Atlantes. |
| François de Clary - Premier président du Parlement |
Transforme la façade en pierre (1609). |
| Pierre Souffron - Architecte baroque |
Réalise la façade sur rue en 1611. |
| Urbain Vitry - Architecte du XIXe siècle |
Achève les sculptures en 1855. |
| Jean-Joseph Daguin - Conseiller au Parlement, propriétaire |
Acquiert l’hôtel en 1710. |
Origine et histoire
L’hôtel de Bagis, aussi appelé hôtel de Clary ou Daguin, est un hôtel particulier situé au 25 rue de la Dalbade, dans le centre historique de Toulouse. Construit à partir de 1537 par l’architecte Nicolas Bachelier pour Jean de Bagis, conseiller au Parlement, il se distingue par sa façade en pierre, une rareté dans une ville alors dominée par la brique. La façade sur cour, ornée d’Atlantes, témoigne de l’influence de la Renaissance italienne, tandis que la façade sur rue, ajoutée en 1611 par Pierre Souffron, reste inachevée jusqu’au XIXe siècle.
Jean de Bagis, personnalité influente proche de Catherine de Médicis, commande l’hôtel en 1537. À sa mort, le bâtiment passe à sa fille Marguerite, puis à son gendre Jean de Paulo, avant d’être vendu en 1601 à Nicolas de Guerrier, apothicaire enrichi. En 1609, François de Clary, premier président du Parlement de Toulouse, entreprend d’importants travaux, dont la façade en pierre, surnommée « hôtel de pierre ». Accusé d’avoir détourné des pierres destinées au Pont-Neuf, il meurt en 1616 avant l’achèvement des sculptures.
Au XVIIe siècle, l’hôtel change plusieurs fois de mains : Richard Dejean, baron de Launac et capitoul, l’acquiert vers 1654, avant qu’il ne passe en 1710 à Jean-Joseph Daguin, conseiller au Parlement. Sous la Révolution, le dernier propriétaire, guillotiné en 1794, voit l’hôtel confisqué et vendu comme bien national. En 1855, Calvet-Besson achève enfin les sculptures de la façade, dirigées par l’architecte Urbain Vitry.
L’hôtel s’organise autour d’une cour centrale et d’un jardin bordant la Garonnette. La façade sur rue, richement sculptée de pilastres, trophées d’armes et guirlandes, arbore les armoiries martelées de François de Clary. La cour intérieure conserve des éléments Renaissance, comme la porte aux Atlantes et des fenêtres à colonnettes doriques, inspirant d’autres hôtels toulousains. L’intérieur abrite des plafonds peints, une cheminée monumentale et un escalier droit, parmi les premiers de la ville.
Classé monument historique en 1889, l’hôtel de Bagis incarne l’évolution architecturale toulousaine, mêlant innovation Renaissance et traditions locales. Ses restaurations, comme le nettoyage de la façade en 1998, soulignent son importance patrimoniale. Aujourd’hui, il reste un témoignage exceptionnel de l’histoire politique et artistique de Toulouse aux XVIe et XVIIe siècles.